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REX – IA, agents, no-code : choisir la productivité plutôt que le recrutement massif

Eliott Jabès CEO Stockly. Crédit Stockly.

Chez Stockly, l’essor de l’IA n’est pas abordé comme un sujet de réduction des effectifs, mais comme un changement de standard de productivité.

La scale-up, qui prévoyait encore d’embaucher une vingtaine de personnes en 2026, a décidé de concentrer ses efforts sur la montée en compétences de ses équipes existantes. Avec, en ligne de mire, une organisation où l’outillage, l’autonomie et la capacité à piloter agents et workflows comptent davantage que l’augmentation continue des effectifs.

Relever le niveau de jeu avant d’ouvrir davantage les recrutements

Pour Eliott Jabès, CEO de l’entreprise, pendant des années, la croissance s’est accompagnée d’un rythme soutenu d’embauches, de l’ordre de 20 à 30 personnes par an. 

Mais l’accélération des outils d’IA au cours des douze derniers mois, et plus nettement encore au dernier trimestre 2025, a rebattu les cartes. L’entreprise a donc choisi de ralentir sur les embauches pour réallouer son énergie ailleurs : faire monter les équipes en place sur un nouveau standard de productivité.

« On s’est dit qu’on préférait investir sur l’équipe existante pour les rendre deux, trois fois plus productifs, plutôt que de recruter massivement »

Eliott Jabès, CEO de Stockly. 

Ce déplacement est aussi très concret dans la manière de gérer le temps et les ressources. Moins de sourcing, moins d’entretiens, moins de temps consacré à onboarder de nouveaux arrivants sur les outils, les méthodes et la technologie interne. À la place, Stockly met l’accent sur la formation de ceux qui sont déjà là, avec l’idée qu’un recrutement ultérieur se fera tout de meme, mais sur une base d’exigence et d’efficacité nettement rehaussée.

Former, tester, diffuser : l’IA comme dynamique collective

Cette montée en compétences ne repose pas sur un discours général sur l’IA, mais sur une mécanique très structurée. L’entreprise a mis en place des sessions de formation hebdomadaires, à la fois individuelles et collectives. Les managers consacrent du temps à leurs équipes, tandis que des sessions de groupe permettent de partager nouveaux outils et cas d’usage.

À cela s’ajoute un choix plus singulier : ouvrir largement l’expérimentation. Chaque collaborateur peut proposer de tester une nouvelle technologie d’IA. Au bout d’un mois, il doit en revanche produire un retour d’usage pour indiquer s’il souhaite conserver l’outil, et partager ce qu’il en a tiré. Le dispositif sert autant à diffuser la connaissance qu’à responsabiliser les équipes.

L’adoption passe aussi par l’exemple. En interne, les nouvelles fonctionnalités mises en production sont visibles de tous. Et, selon Eliott Jabès, ceux qui utilisent le plus efficacement ces outils le montrent rapidement dans leur capacité d’exécution. « Il y a un effet d’entraînement », explique-t-il. Quand certains avancent plus vite et livrent davantage, les autres voient immédiatement le différentiel et cherchent à monter à leur tour en compétence.

Cette ouverture n’exclut pas l’encadrement. Stockly ne limite pas a priori les outils testables, mais impose le respect de règles de sécurité déjà en place et maintient un suivi financier via l’équipe finance. L’idée n’est donc pas d’ouvrir les vannes sans contrôle, mais de ne pas bloquer l’expérimentation tant que les règles de sécurité et de gestion sont respectées.

Du développeur qui code au développeur qui orchestre

Le changement le plus visible se lit dans la nature même du travail. Eliott Jabès cite un cas concret : la création d’un backoffice destiné aux consommateurs, pour leur permettre de suivre un colis, d’émettre une demande de retour ou d’ouvrir un litige. Un projet qui aurait représenté plusieurs mois de développement peut désormais, dans certains cas, être mené en une après-midi avec des outils adaptés, y compris par une personne qui n’est pas développeuse.

Tous les projets ne relèvent évidemment pas de ce schéma. Certains exigent toujours d’entrer dans le code. Mais une partie des développements peut désormais être menée de bout en bout grâce à l’assemblage d’outils no-code, d’automatisation et d’IA, à condition de savoir les guider correctement.

Dans ce cadre, le rôle du développeur évolue. « Ça devient beaucoup plus un architecte », observe le dirigeant. Un architecte qui ne suit plus un seul chantier, mais plusieurs à la fois. Il décrit des développeurs performants capables de travailler sur plusieurs terminaux en simultané, de suivre plusieurs agents qui codent en parallèle et de relire, corriger, orienter au fil de l’eau. Le geste métier se déplace : moins d’exécution directe, davantage de supervision, d’arbitrage et d’orchestration.

Cette évolution déborde d’ailleurs largement les équipes techniques. Chez Stockly, les compétences IA et no-code sont désormais explicitement recherchées dans certains recrutements, notamment au sein des équipes business operations. La maîtrise d’outils comme N8N y est devenue un critère assumé. Côté développeurs, le sujet est déjà considéré comme allant de soi. Pour Eliott Jabès, un profil qui n’utiliserait ni outils d’IA ni environnements adaptés ne serait tout simplement plus au niveau attendu.