Yann LeCun, figure de la recherche en IA et longtemps responsable scientifique de l’IA chez Meta, lance la startup Advanced Machine Intelligence (AMI) et annonce une levée de fonds de 1,03 milliard de dollars.
L’entreprise veut développer des systèmes d’intelligence artificielle capables de raisonner et de planifier dans le monde réel, une approche qui se veut une alternative au paradigme dominant des grands modèles de langage.
Une levée de fonds massive pour lancer AMI
Advanced Machine Intelligence (AMI), la startup fondée par Yann LeCun après son départ de Meta fin 2025, annonce avoir levé 1,03 milliard de dollars. L’opération valorise l’entreprise 3,5 milliards de dollars avant l’investissement.
Le tour de table est co-mené par plusieurs investisseurs du capital-risque international, dont Cathay Innovation, Greycroft, Hiro Capital, HV Capital et Bezos Expeditions.
La startup se présente comme une organisation de recherche et d’ingénierie répartie sur plusieurs hubs internationaux. Sur le réseau social X, AMI Labs explique ainsi vouloir s’appuyer sur « une équipe croissante de chercheurs et d’ingénieurs opérant dès le départ entre Paris, New York, Montréal et Singapour » (citation traduite de l’anglais).
Advanced Machine Intelligence (AMI) is building a new breed of AI systems that understand the world, have persistent memory, can reason and plan, and are controllable and safe.
We’ve raised a $1.03B (~€890M) round from global investors who believe in our vision of universally… pic.twitter.com/Yc37J4FqPz
— AMI Labs (@amilabs) March 10, 2026
Le financement doit permettre de développer et de commercialiser des systèmes d’intelligence artificielle reposant sur des capacités de raisonnement, de planification et de compréhension du monde réel.
Une approche qui veut dépasser les limites des LLM
AMI se positionne explicitement comme un test de la vision défendue depuis plusieurs années par Yann LeCun : celle selon laquelle les approches actuelles de l’IA, basées sur les grands modèles de langage, ne suffisent pas à produire de véritables agents intelligents.
Selon lui, les systèmes qui reposent principalement sur la prédiction du mot suivant ou du pixel suivant ne peuvent, à eux seuls, atteindre les niveaux d’autonomie et de raisonnement nécessaires pour des intelligences artificielles réellement capables d’agir dans le monde réel.
La startup veut ainsi développer des systèmes capables de raisonner et de planifier dans des environnements complexes, ce qui constitue le cœur de son approche technologique.
Des applications industrielles… et à terme grand public
Dans un premier temps, AMI vise des organisations opérant des systèmes complexes. Les secteurs ciblés incluent notamment l’industrie manufacturière, l’automobile, l’aéronautique, ainsi que les domaines biomédical et pharmaceutique.
À plus long terme, Yann LeCun évoque également des applications destinées au grand public. Il cite notamment le développement de robots domestiques capables de comprendre le monde physique et d’y interagir avec un certain niveau de bon sens.
Le chercheur indique également être en discussion avec Meta pour une possible intégration de cette technologie dans les lunettes connectées Ray-Ban Meta, ce qui pourrait constituer l’une des premières applications concrètes de ces systèmes.








