par Matt Baird, Responsable mondial de l’ingénierie client chez CyberProof
Alors que les organisations françaises et européennes accélèrent leur migration vers le cloud, l’intégration de l’IoT et les modèles de travail hybrides, leur surface d’attaque s’étend considérablement. Pour les RSSI, l’enjeu ne consiste plus seulement à corriger des vulnérabilités, mais à piloter le risque cyber à l’échelle de l’entreprise.
Contexte européen : complexité et conformité
Le RGPD, la directive NIS2 ou encore DORA imposent des exigences élevées en matière de protection des données et de résilience opérationnelle. Mais conformité ne signifie pas nécessairement sécurité. La multiplication des outils de sécurité crée souvent des silos et des angles morts.
Le Shadow IT, les systèmes legacy non corrigés et les actifs cloud mal configurés sont devenus des vecteurs majeurs d’attaque. Par ailleurs, l’accumulation d’alertes issues d’outils déconnectés peut conduire à une paralysie décisionnelle, laissant des vulnérabilités critiques sans traitement.
Passer d’une défense réactive à une approche proactive
Les RSSI doivent désormais adopter une stratégie unifiée de gestion de l’exposition, offrant une vision globale et contextualisée du risque réel.
Les équipes SecOps devraient privilégier des solutions intégrant :
- Une visibilité continue des actifs
On ne protège que ce que l’on voit. Cela suppose une découverte en temps réel des actifs on-premise, cloud et tiers, y compris les outils non référencés. - Une priorisation contextualisée des menaces et vulnérabilités
Toutes les vulnérabilités ne présentent pas le même risque. L’enjeu est d’identifier celles réellement exploitables et d’évaluer si les contrôles existants permettraient de les détecter ou de les bloquer. L’intégration du renseignement cyber avec la télémétrie de sécurité permet de prioriser selon l’impact métier réel. - Une consolidation de la télémétrie sécurité
Centraliser les données dans un cadre unifié permet de transformer des volumes massifs d’informations en indicateurs de risque exploitables, mettant en lumière les lacunes de couverture et les faiblesses opérationnelles.
La voie à suivre
La transformation numérique européenne est indispensable. Elle doit s’accompagner d’une évolution profonde de la stratégie de sécurité. Une défense guidée par la menace permet aux RSSI d’anticiper plutôt que de subir, en transformant une surface d’attaque croissante en un environnement visible et pilotable.
En misant sur la visibilité, la contextualisation et l’intégration, les entreprises européennes peuvent non seulement répondre aux exigences réglementaires, mais surtout renforcer durablement la confiance numérique.








