Google annonce un accord historique pour alimenter son nouveau data center du Minnesota avec 1,9 gigawatt d’énergie renouvelable, incluant une batterie longue durée de 100 heures. Un projet qui illustre les efforts des hyperscalers pour concilier demande énergétique explosive de l’intelligence artificielle et transition énergétique.
Un accord énergétique d’ampleur pour un data center IA
Google va construire son premier centre de données à Pine Island (Minnesota), doté d’un portefeuille d’énergie propre d’environ 1,9 GW, combinant 1,4 GW de parcs éoliens et 200 MW de capacité solaire, en partenariat avec Xcel Energy. La particularité de cet accord est l’intégration d’un système de stockage par batterie de 300 MW capable de fournir 100 heures d’énergie, développé par la startup Form Energy – ce qui en ferait le plus grand système de stockage longue durée au monde lorsqu’il sera opérationnel.
La batterie 100 heures, clé de la continuité énergétique
Cette batterie à longue durée vise à résoudre l’un des principaux obstacles des énergies renouvelables : la variabilité de la production. Les sources comme le vent et le soleil ne produisent pas de façon continue, ce qui rend difficile l’alimentation 24 h/24 d’infrastructures très consommatrices comme les data centers. Avec une capacité de stockage de plusieurs jours, ce système permettrait, selon les acteurs du projet, de poursuivre les opérations même en l’absence de vent ou de soleil pendant des périodes prolongées, réduisant potentiellement le recours aux sources fossiles ou aux réseaux classiques.
L’IA accélère la recomposition des stratégies énergétiques
L’importance de cet investissement dépasse le simple déploiement d’EnR pour un site. Elle témoigne de cet élan des géants du numérique à intégrer la transition énergétique à leur stratégie d’infrastructure IA. La croissance rapide des besoins électriques de leurs centres de calcul – déjà documentée par les propres rapports de consommation de Google – pose un double défi : répondre à une demande croissante tout en réduisant l’empreinte carbone de ces opérations.
Ce projet s’inscrit dans un contexte où les accords d’énergie propre deviennent des leviers stratégiques. En effet, plusieurs acteurs industriels signent des contrats d’achat d’électricité de grande ampleur à long terme pour sécuriser leur approvisionnement énergétique bas carbone. Aux États-Unis, d’autres initiatives liées aux énergies renouvelables ou au stockage à grande échelle se multiplient pour répondre aux exigences du numérique, qu’il s’agisse de parcs solaires, éoliens ou de technologies de stockage innovantes.
Une équation encore loin d’être stabilisée
Si l’accord marque une avancée technologique notable, plusieurs questions demeurent. D’une part, la montée en puissance des data centers dédiés à l’IA entraîne une hausse structurelle de la demande électrique, qui pourrait absorber une part significative des nouvelles capacités renouvelables au détriment d’autres usages. D’autre part, les batteries longue durée comme celle développée par Form Energy restent encore peu déployées à grande échelle et devront démontrer leur fiabilité économique et industrielle sur la durée. Enfin, l’annonce d’un portefeuille énergétique de 1,9 GW ne signifie pas nécessairement une alimentation totalement décarbonée en continu, la gestion réseau et les arbitrages locaux restant déterminants. Autrement dit, si Google expérimente un modèle plus intégré entre infrastructure numérique et infrastructure énergétique, l’équation entre explosion des besoins en calcul et neutralité carbone reste loin d’être définitivement résolue.








