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Laboratoire IA : Doctolib investit 20 millions d’euros pour bâtir son IA médicale

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Sous pression sur l’IA santé, la licorne française structure sa riposte. Avec la création d’un laboratoire d’intelligence artificielle clinique, doté de 20 millions d’euros en 2026, Doctolib entend se positionner sur une IA médicale encadrée, adossée à des institutions de référence et intégrée à ses services existants.

La santé est devenue le nouveau champ de bataille de l’intelligence artificielle. Alors que les géants technologiques avancent leurs pions sur ce terrain, Doctolib choisit d’accélérer et d’officialiser une stratégie structurée. La plateforme de prise de rendez-vous en ligne annonce la création d’un laboratoire d’IA clinique, présenté comme un « projet collectif » associant institutions de recherche, établissements hospitaliers et sociétés savantes.

En janvier, OpenAI a lancé ChatGPT Health, une déclinaison de son assistant conversationnel dédiée aux questions de santé. Dans le même temps, Doctolib a été épinglé pour abus de position dominante en France. Un double signal qui pousse la licorne à consolider sa légitimité scientifique et technologique.

Une alliance scientifique franco-européenne

Le laboratoire, dont le lancement officiel a eu lieu lundi après plusieurs mois de préparation, fédère des acteurs de référence. Parmi eux figurent l’Inria, le DFKI en Allemagne, ainsi que des équipes du CHU de Nantes, de l’Inserm et plusieurs sociétés savantes, dont la Société française de pédiatrie. Des laboratoires spécialisés, comme celui du Pr Mazza à Lyon sur la santé des enfants, sont également associés au projet. Les unités de recherche seront réparties entre Paris, Nantes et Berlin.

Confirmée par Le Figaro, l’initiative vise à s’appuyer sur cette expertise académique et clinique pour développer des outils d’aide à la décision destinés aux médecins, ainsi qu’un « assistant de santé complet » pour les patients. L’ambition affichée : préparer les consultations, faciliter la compréhension d’un diagnostic ou d’un traitement, tout en garantissant « la plus grande fiabilité médicale » et « les normes de sécurité les plus sûres ».

Selon les informations rapportées par Le Figaro, le CHU de Nantes contribuera notamment à définir des règles relatives au niveau d’urgence dans la prise en charge des enfants. Les travaux de recherche ont vocation à être publiés et rendus accessibles afin de favoriser l’innovation en santé en Europe.

Une IA entraînée sur des connaissances validées

Avec plus de 500 000 soignants, 90 millions de patients en contact avec sa plateforme en Europe, Doctolib dispose d’une base d’usage considérable. Pour soutenir cette nouvelle phase, l’entreprise a renforcé ses équipes : 900 personnes travaillent désormais en recherche et développement, dont 100 dédiées exclusivement à l’intelligence artificielle.

La différenciation revendiquée repose sur un principe de confiance. Contrairement aux assistants généralistes, les outils développés ne répondront « que lorsque le niveau de confiance est suffisant » et seront entraînés sur des « connaissances validées et locales, pas sur tout le web », a expliqué son président, Stanislas Niox-Chateau.

Au-delà de l’assistance aux patients, l’entreprise prévoit d’aller plus loin dans les services aux médecins, notamment dans l’aide à l’anamnèse, à la prescription ou au diagnostic. L’IA pourrait également contribuer à prédire le risque de survenue d’une maladie.

La bataille ne se joue plus seulement sur l’accès aux utilisateurs, mais sur la capacité à produire une intelligence médicale encadrée et crédible.