Riot, Squad, Thales : les recrutements s’accélèrent ?

Recrutement riot squad thales robert half
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Ces dernières semaines, les communiqués annonçant des plans de recrutement dans la cybersécurité et l’IT se sont succédé dans nos boîtes mail. Hasard du calendrier ou début de cycle ? L’étude publiée par Robert Half en janvier apporte un éclairage macroéconomique qui confirme un mouvement plus structurant : en 2026, les entreprises recrutent moins pour croître que pour sécuriser et transformer.

Des annonces qui s’accumulent et dessinent une dynamique

Ces dernières semaines, plusieurs communiqués ont retenu notre attention. D’abord celui de Riot, qui annonce un objectif de 150 recrutements en 2026 pour accompagner sa stratégie internationale. Avec 140 collaborateurs à ce jour, dont 105 intégrés en 2025, la scale-up entend consolider son hub européen parisien tout en renforçant sa présence à l’étranger. Un tiers des recrutements concernera des profils internationaux, invités à rejoindre Paris plutôt que des bureaux locaux.

« À mesure qu’on change d’échelle, la communication interne devient un enjeu clé. Notre pari, c’est que Paris fait suffisamment rêver les talents européens pour devenir un point de ralliement naturel de nos équipes internationales »

Benjamin Netter, fondateur et CEO de Riot.

Les embauches viseront des commerciaux internationaux, des développeurs ainsi que des fonctions structurantes en marketing, growth ou operations, tandis que le hub new-yorkais prévoit 11 recrutements supplémentaires.

Dans un registre différent mais tout aussi significatif, le Groupe Squad annonce plus de 350 postes ouverts sur l’année, exclusivement dans les métiers de la cybersécurité. Dès le premier semestre, plus de 200 recrutements sont programmés en France, en Espagne et en Suisse. Le groupe cible prioritairement des profils confirmés et seniors en architecture cyber, détection et réponse à incident (Modern SOC), IAM et GRC, ainsi que des profils commerciaux spécialisés.

« Recruter des profils experts en cybersécurité impose un niveau d’exigence inédit, avec une approche fine, structurée et proactive »

Emilie Gossmann, Directrice Recrutement chez Squad.

Face à la rareté des talents, le groupe a renforcé son organisation recrutement pour conjuguer volume et exigence.

À ces annonces s’ajoute celle de Thales, rapportée par Le Figaro, qui évoque des recrutements massifs dans l’ensemble de ses métiers, dont la cybersécurité. Isolées, ces communications pourraient être perçues comme des stratégies propres à chaque acteur. Ensemble, elles dessinent un signal plus large : celui d’une relance ciblée des embauches dans les fonctions critiques du numérique et de la cyber.

Une reprise sélective, orientée résilience

L’étude publiée le 19 janvier par Robert Half apporte un cadre macroéconomique à ces signaux. Selon le cabinet, 37 % des entreprises prévoient de créer de nouveaux postes au premier semestre 2026, un niveau inédit depuis début 2024. La dynamique repose principalement sur la finance, l’IT, le juridique et les fonctions support spécialisées.

Dans un contexte de croissance du PIB attendue à 1 % et d’environnement encore fragile (dette publique élevée, incertitudes politiques, tensions géopolitiques et pression réglementaire) les entreprises adoptent une approche plus sélective. 82 % d’entre elles prévoient de recruter ou de maintenir leurs effectifs dans les fonctions finance, IT, support et juridique. Les recrutements en CDI progressent, avec 37 % des entreprises envisageant d’augmenter leurs effectifs permanents en 2026, contre 32 % en moyenne en 2025.

« En 2026, les entreprises françaises ne recrutent pas dans une logique de rattrapage, mais de sécurisation », analyse Matthieu Imbert-Bouchard, Managing Director Robert Half France. « Les employeurs privilégient donc les fonctions capables de piloter la complexité et combinent recrutements pérennes et flexibilité pour rester agiles. »

L’IT & Tech figure parmi les priorités : 42 % des entreprises envisagent des créations de postes permanents, avec un accent sur la cybersécurité, la gestion de projets IT et la conduite du changement, ainsi que le développement applicatif. En parallèle, le recours au mode projet progresse fortement, atteignant 37 % des intentions de recrutement au premier semestre 2026, contre 20 % deux ans plus tôt. Dans l’IT & Tech, 40 % des entreprises prévoient de recruter en mode projet.