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Infrastructures data : le vrai moteur de la valeur IA ?

La capacité à tirer de la valeur de l’IA dépend d’un facteur moins visible : la solidité des infrastructures de données. L’étude de Hitachi Vantara sur 2025 met en évidence un écart de maturité qui conditionne directement performance, sécurité et résilience.

Cinq enseignements stratégiques

En Europe, 97 % des organisations déclarent utiliser l’intelligence artificielle et les investissements devraient progresser de 66 % dans les deux prochaines années. Pourtant, 37 % des organisations ne sont pas en mesure de calculer le retour sur investissement de leurs initiatives. 

La maturité des infrastructures reste inégalement répartie. En France, seules 20 % des entreprises sont considérées comme « data matures », contre 38 % en moyenne européenne et 41 % au niveau mondial. À l’inverse, 9 % des entreprises françaises déclarent disposer d’une infrastructure fragmentée, un facteur de fragilité pour les projets IA à grande échelle.

La complexité progresse plus vite que sa maîtrise. 77 % des organisations européennes estiment que la complexité de leurs environnements de données augmente rapidement sous l’effet de la prolifération des plateformes, des volumes et des usages liés à l’IA. Cette dynamique pèse directement sur la gouvernance et la visibilité des systèmes.

La sécurité devient un révélateur de maturité. 51 % des décideurs européens estiment que la complexité complique la détection des violations de sécurité, et 39 % citent les violations de données liées à l’IA parmi leurs principaux risques. En France, seules 57 % des entreprises se déclarent confiantes dans leur capacité à détecter une violation à temps.

La performance des projets IA est corrélée à la qualité des fondations data. À l’échelle européenne, 84 % des organisations dotées d’infrastructures optimisées déclarent des projets d’IA réussis, contre 66 % parmi celles dont les pratiques de gestion des données sont les plus faibles. « L’IA ne peut créer de valeur durable que si les données qui la sous-tendent sont fiables, bien gouvernées et résilientes », souligne Sheila Rohra, dans l’etude de Hitachi Vantara.

Complexité, gouvernance et résilience

L’étude met en lumière une tension structurelle : l’IA impose de nouveaux standards en matière de gouvernance et de gestion des données alors même que les environnements deviennent plus fragmentés. Seules 35 % des entreprises françaises ont intégré la gouvernance des données dans l’ensemble de leurs workflows, révélant des difficultés à structurer durablement leurs environnements.

Cette fragilité est perçue au plus haut niveau. 36 % des décideurs européens estiment que si les dirigeants avaient pleinement conscience de l’état réel de leur infrastructure data, cela constituerait un sujet de préoccupation majeur.

Les organisations les plus avancées se distinguent par une infrastructure conçue pour accompagner le passage à l’échelle de l’IA, reposant sur une meilleure organisation, davantage d’automatisation et une résilience accrue. En France, 60 % des entreprises stockent désormais leurs données sensibles dans des environnements de cloud privé, traduisant un mouvement vers une meilleure maîtrise et une souveraineté renforcée.

Leadership et accompagnement

La progression vers la maturité ne relève pas uniquement d’un choix technologique. 92 % des organisations européennes indiquent avoir besoin du soutien de partenaires tiers pour gérer au moins un aspect de leur infrastructure de données. En France, 48 % déclarent s’appuyer sur des partenaires ou des consultants.

« L’intelligence artificielle impose de nouveaux standards en matière de gouvernance et de gestion des données », déclare Octavian Tanase. À mesure que l’IA s’intègre au cœur des opérations, visibilité, contrôle et responsabilité deviennent des prérequis stratégiques.