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Métro new-yorkais : quand la fraude devient un cas d’usage de l’IA de surveillance

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La Metropolitan Transportation Authority (MTA) teste de nouveaux portiques capables de détecter et documenter automatiquement les resquilleurs. Officiellement, il s’agit de moderniser la lutte contre la fraude. L’organisation Surveillance Technology Oversight Project (STOP) alerte, plus largement, sur l’extension des dispositifs de surveillance biométrique dans la ville.

Un pilote avant un marché à 1,1 milliard de dollars

À New York, trois industriels (Cubic, Conduent et STraffic) se disputent un contrat estimé à 1,1 milliard de dollars pour redessiner les tourniquets du métro. Dix stations sont déjà équipées de nouveaux portiques à portes hautes, testés dans le cadre d’un programme pilote appelé à s’étendre à vingt stations supplémentaires dans les prochaines semaines, selon le président de la MTA, Janno Lieber, cité par le Gothamist.

L’autorité vise à terme l’installation de ces dispositifs dans 150 des 472 stations du réseau. 

Caméras, IA et descriptions automatisées

Au moins deux des entreprises en lice mettent en avant l’intégration d’intelligence artificielle. Le principe est simple : lorsqu’un passage sans paiement est détecté, les caméras enregistrent une séquence de cinq secondes. Un module d’IA génère ensuite une description physique de la personne soupçonnée et transmet ces informations à la MTA.

Cubic, déjà à l’origine du système MetroCard et du dispositif OMNY de paiement sans contact, teste ses portiques dans plusieurs stations fréquentées. Malgré des critiques passées sur le déploiement d’OMNY, l’entreprise affirme que l’expérience acquise la prépare à ce nouveau chantier.

Il ne s’agit pas seulement de filmer, mais d’automatiser le tri : une machine identifie un comportement, décide qu’il mérite capture et produit un signal exploitable par une autorité publique.

De la fraude à l’écosystème de surveillance

Dans un communiqué publié le 5 février 2026, le Surveillance Technology Oversight Project (S.T.O.P.) condamne le pilote de la MTA. Sa directrice exécutive, Michelle Dahl, estime que ces technologies sont « fondées sur des biais » et que l’usage de l’IA pour générer des descriptions physiques constitue « une invitation à davantage de profilage racial dans le métro » (citation traduite).

L’organisation s’inquiète également du stockage et du partage éventuels de ces données, évoquant la constitution d’un registre permanent d’informations sensibles concernant les usagers.