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Je choisis la French Tech : L’État déploie un réseau d’ambassadeurs pour renforcer la souveraineté technologique

L’État accélère sa stratégie de souveraineté numérique. Avec le déploiement d’un réseau d’ambassadeurs « Je choisis la French Tech » dans les ministères et l’élargissement des grands groupes partenaires, Bercy veut faire de l’achat de solutions technologiques françaises un levier structurant de politique industrielle.

L’achat public comme outil de souveraineté

Le programme « Je choisis la French Tech », piloté par la Mission French Tech au sein de Ministère de l’Économie et des Finances, entre dans une nouvelle phase. Après l’engagement initial de grands groupes à mobiliser un milliard d’euros d’achats auprès de start-up françaises, l’exécutif souhaite désormais ancrer cette logique au cœur même de l’administration.

L’enjeu dépasse le simple soutien à l’innovation. Il s’agit d’installer un réflexe d’achat souverain dans les politiques publiques numériques, dans un contexte où la dépendance aux solutions extra-européennes reste forte sur des briques critiques comme le cloud, les plateformes collaboratives ou certaines solutions d’IA.

Un réseau d’ambassadeurs dans chaque ministère

Bercy franchit une nouvelle étape avec la création d’un réseau d’« ambassadeurs Je choisis la French Tech » au sein des ministères. Ces agents auront pour mission d’identifier les opportunités de recours à des solutions innovantes françaises, d’accompagner les directions achats et de diffuser les bonnes pratiques. Avec ce programme, l’État ambitionne de lever les freins administratifs, simplifier l’accès des start-up aux marchés publics et mieux connecter les besoins de l’État avec l’écosystème tech national. En structurant ce relais interne, l’État assume un rôle actif de catalyseur et non plus seulement de régulateur.

Un signal politique dans un contexte de tensions géoéconomiques

Cette montée en puissance intervient dans un climat international marqué par des tensions technologiques, des restrictions d’exportation et une concurrence accrue sur les infrastructures numériques stratégiques. La question de la souveraineté ne se limite plus aux télécoms ou aux semi-conducteurs ; elle concerne désormais les logiciels métiers, les plateformes SaaS, les outils d’IA et les solutions de cybersécurité. En positionnant la commande publique comme levier prioritaire, le gouvernement inscrit la French Tech dans une logique industrielle et stratégique. L’achat devient un instrument de politique économique, au même titre que la réglementation ou le financement.

Des partenaires élargis et une ambition internationale

Parallèlement, de nouveaux grands groupes rejoignent l’initiative, aux côtés des premiers engagés comme SNCF. L’objectif fixé est d’atteindre et dépasser le milliard d’euros d’achats cumulés d’ici 2027. Au-delà du marché intérieur, le dispositif vise aussi à renforcer la crédibilité des start-up françaises à l’international. En devenant fournisseurs de l’État ou de grands groupes nationaux, elles gagnent des références structurantes pour exporter.

À travers cette nouvelle étape, l’État cherche ainsi à transformer l’écosystème French Tech en pilier de sa transformation numérique, tout en consolidant une doctrine d’achat orientée vers la souveraineté technologique.