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Cyberharcèlement en entreprise : l’urgence des premiers gestes

Cyberharcelement en entreprise

Face à un cas de cyberharcèlement, la réponse ne peut être improvisée. La communauté des Assises de la cybersécurité rappelle que, derrière la technicité des dispositifs, tout commence par une posture humaine claire, structurée et immédiate.

Le cyberharcèlement s’est imposé comme l’un des sujets les plus sensibles et les plus urgents du moment. Lorsque la parole se libère au sein d’une organisation, chaque réaction compte. Sidération, colère, incompréhension : ces réflexes sont humains. Mais ils ne doivent pas dicter l’action.

La communauté des Assises de la cybersécurité poursuit sa réflexion sur ces situations où la frontière entre risque numérique et détresse psychologique s’efface.

Préserver les preuves, enclencher le cadre légal

La première tentation est souvent de vouloir “nettoyer” la situation. Supprimer les messages choquants, effacer les commentaires, tenter de faire disparaître les traces. C’est une erreur.

Conserver l’ensemble des contenus malveillants, messages, captures d’écran, emails, commentaires, constitue un préalable indispensable. Ces éléments doivent être classés chronologiquement et stockés dans un espace sécurisé. Ils forment la base d’une éventuelle démarche judiciaire.

Encourager le dépôt de plainte, en ligne ou auprès des autorités compétentes, reste une étape cruciale, même lorsqu’elle semble difficile à franchir. En revanche, entreprendre des démarches à la place de la victime sans son consentement, ou minimiser la gravité des faits en espérant qu’ils “passent”, fragilise la réponse et peut aggraver la situation.

Soutenir sans exposer : la dimension humaine

Lorsqu’une personne brise le silence, la priorité n’est pas de communiquer, mais d’écouter. Écouter sans juger, dans la confidentialité, avec empathie. Donner du crédit à la parole exprimée et proposer un accompagnement adapté, via les ressources internes ou un soutien psychologique, participe d’une prise en charge responsable.

Diffuser l’information sans accord explicite, isoler la victime par gêne ou imposer sa propre vision de la “bonne réaction” sont des écueils fréquents. Ils traduisent une confusion entre gestion de crise et accompagnement humain.

Thomas Fillaud, Chief Security Officer d’un éditeur français de solutions logicielles, rappelle que la priorité est d’agir avec sérieux, bienveillance et discernement dès les premières minutes. « Face à une situation de cyberharcèlement, chaque mot, chaque geste, chaque silence a du poids. Il ne s’agit pas seulement de gérer une crise, mais d’accompagner un être humain dans une épreuve souvent invisible, profondément violente et psychologiquement éprouvante. »

Transformer l’alerte en culture de protection

Un cas révélé ne doit pas rester un épisode isolé. Il interroge les réflexes collectifs. Sensibiliser les équipes aux signes du cyberharcèlement, former les managers à repérer les signaux faibles et mettre en place un protocole interne clair de signalement et de traitement des alertes constituent des leviers structurants.

Relayer des discours culpabilisants, fermer les yeux pour éviter “de faire des vagues” ou banaliser les faits installe un climat délétère. À l’inverse, structurer la réponse permet de renforcer les dispositifs internes et de bâtir une culture plus éthique, plus vigilante.

“Face à une situation de cyberharcèlement, chaque mot, chaque geste, chaque silence a du
poids. Il ne s’agit pas seulement de “gérer une crise”, mais bien d’accompagner un être
humain dans une épreuve souvent invisible, profondément violente et psychologiquement
éprouvante” souligne Thomas Fillaud de Mirakl. Le discernement, l’écoute et l’engagement doivent primer, sans hésiter à s’appuyer sur les ressources disponibles, notamment via la plateforme Cybermalveillance.gouv.