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Keepit : après Davos, la tech face à ses responsabilités

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De l’IA spectacle à la réalité des infrastructures : en 2026, la tech face à ses responsabilités

Alors que le World Economic Forum de Davos remet une nouvelle fois l’intelligence artificielle, la cybersécurité et la souveraineté numérique au cœur des débats, un constat s’impose. Derrière les discours sur l’innovation et la croissance, les entreprises affrontent surtout des contraintes très concrètes. Complexité des systèmes, pression réglementaire, pénurie de compétences, menaces cyber de plus en plus sophistiquées.

C’est dans ce contexte, fin janvier, que Keepit, spécialiste de la protection des données SaaS, a partagé ses prédictions pour 2026 à l’issue d’échanges de vision entre plusieurs de ses dirigeants. Un regard sans effets d’annonce, qui tranche avec l’euphorie souvent associée à Davos, et qui met en lumière une tendance de fond : la technologie entre dans une phase de maturité forcée.

L’IA, accélérateur de menaces autant que de défense

Le premier constat largement partagé est que l’IA transforme déjà la cybercriminalité, et ce mouvement va s’intensifier. « D’ici 2026, les attaques pilotées par l’IA seront capables de cartographier des infrastructures entières en quelques secondes et d’adapter leurs tactiques en temps réel », alerte Kim Larsen, Chief Information Security Officer de Keepit.

Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, ces capacités techniques ne seront plus uniquement l’apanage de groupes cybercriminels isolés, mais s’inscriront dans des stratégies de guerre hybride mêlant intérêts étatiques et automatisation à grande échelle.

Face à cette montée en puissance, la réponse ne peut pas être une fuite en avant technologique. « L’IA ne doit pas remplacer le jugement humain, mais l’augmenter », insiste Kim Larsen. Pour les équipes de sécurité, l’enjeu sera moins d’automatiser que de comprendre où se concentrent les risques, comment les modèles prennent leurs décisions et sur quelles données ils s’appuient. Transparence, contrôle et responsabilité deviennent ainsi des exigences clés pour les RSSI.

Le grand retour du modèle hybride

Un autre enseignement marquant est que le récit du “tout cloud” montre ses limites. Selon Jakob Østergaard, Chief Technology Officer chez Keepit, les environnements hybrides connaissent un regain d’intérêt plus rapide que prévu. « Les entreprises recherchent aujourd’hui de l’équilibre, pas du dogme », résume-t-il.

L’instabilité politique, les exigences de souveraineté et les coûts du cloud sont autant de facteurs qui poussent certaines charges critiques à revenir on-premise. Résultat, les infrastructures physiques, les systèmes de stockage et les logiciels sous licence reprennent une place stratégique dans les architectures IT.

Mais cette réorientation révèle une faiblesse structurelle, à travers la pénurie de compétences. « La demande en expertise réseau, Linux et ingénierie systèmes augmente, alors que le vivier de talents se réduit », observe Jakob Østergaard. À l’horizon 2026, ce déficit pèsera directement sur la capacité des entreprises à innover et à garantir leur résilience.

Dans le même temps, les promesses les plus spectaculaires (qu’il s’agisse de l’IA généralisée ou du quantique capable de briser la cryptographie) devraient être revues à l’aune de calendriers plus réalistes. Davos marque ici un tournant : moins de fascination, plus de pragmatisme.

Une IA utile, mais encore largement sous-exploitée

Sur le terrain, l’IA n’est pas absente des organisations, mais son impact reste mesuré. « En 2026, l’IA restera avant tout un outil d’optimisation », estime Niels van Ingen, SVP Business Development and Strategy. Automatisation de tâches répétitives, assistance à la prise de décision, amélioration de processus existants… les usages progressent, sans révolution immédiate.

Les chiffres sont également parlants. Seule une entreprise sur cinq estime aujourd’hui tirer une valeur réellement significative de ses investissements en IA. En cause, des coûts élevés, un manque de contrôle sur les résultats et des fondations souvent insuffisantes, que ce soit sur la qualité des données, la gouvernance, ou encore les compétences internes.

Dans ce contexte, la priorité demeure la modernisation des systèmes. Sur ce point, les directions IT avancent pas à pas, avec une sortie progressive de plateformes historiques comme VMware ou Citrix, une adoption ciblée du SaaS et une adaptation aux nouvelles contraintes réglementaires : « Les DSI ne préparent plus 2026, ils préparent 2030 », souligne Niels van Ingen, dans un contexte où la transformation liée à l’IA s’inscrit dans la durée.

La conformité devient la norme, pas l’exception

Enfin, la question réglementaire s’impose comme un fil rouge des discussions, largement en phase avec les thématiques de Davos. Pour Jan Ursi, VP Global Channels chez Keepit, 2026 marquera un basculement : « Les exigences liées à NIS2 et DORA ne seront plus discutées, elles seront présupposées. »

Dans les secteurs finance, énergie, santé ou public, la conformité s’intègre désormais par défaut dans les appels d’offres SaaS. Des critères tels que la souveraineté des données, l’hébergement local, une absence de sous-traitance opaque et un accès garanti aux données en cas de défaillance d’un fournisseur, deviennent structurants.

Alors que beaucoup d’organisations sont encore en phase de mise en conformité, la demande pour des solutions réellement adaptées va fortement croître. Dans ce paysage, les partenaires locaux joueront un rôle clé. Leur connaissance des contraintes nationales et sectorielles fait du channel un acteur central de la transformation numérique réglementée.

À l’écart des scènes feutrées de Davos, les constats dressés par Keepit dessinent une réalité moins glamour mais plus durable : la tech entre dans une phase où la valeur ne se mesure plus aux promesses, mais à la capacité à protéger, à se conformer et à durer.