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Visioconférence souveraine : l’État généralise « Visio » pour réduire les risques cyber dans le secteur public

Face à la multiplication des cyberattaques et failles dans le secteur public, l’État annonce la généralisation de « Visio », sa solution de visioconférence souveraine, à l’ensemble des agents d’ici 2027. Au-delà d’un outil, le projet illustre une volonté de reprise en main des usages numériques les plus exposés aux risques de sécurité.

Une décision qui s’inscrit dans un contexte cyber tendu

L’annonce de la généralisation de « Visio », solution de visioconférence développée par la Direction interministérielle du numérique, intervient dans un contexte marqué par une augmentation continue des cyberattaques visant le secteur public. Ces derniers mois, administrations, collectivités et établissements publics ont été confrontés à des intrusions, des campagnes de phishing et des compromissions liées à des usages numériques mal maîtrisés.

La visioconférence, devenue un outil quotidien dans les administrations, concentre plusieurs risques connus. Mauvaises configurations, liens de réunion diffusés trop largement, comptes personnels utilisés à des fins professionnelles ou dépendance à des plateformes extra-européennes figurent parmi les vecteurs récurrents d’exposition des données sensibles.

Réduire la surface d’attaque liée aux usages

Aujourd’hui encore, de nombreuses administrations utilisent une mosaïque d’outils de visioconférence comme Teams, Zoom, Webex ou GoTo Meeting. Cette fragmentation complique la gouvernance des accès, multiplie les configurations hétérogènes et accroît le risque d’erreur humaine, souvent à l’origine des incidents de sécurité. La stratégie portée par l’État vise à réduire cette surface d’attaque en imposant progressivement un outil unique, maîtrisé et opéré dans un cadre souverain. La généralisation de « Visio » doit ainsi permettre de mieux contrôler les flux, les données échangées et les conditions d’hébergement, tout en simplifiant les pratiques pour les agents.

Une solution pensée pour des usages sensibles

Déployé avec l’appui de l’ANSSI, « Visio » repose sur une infrastructure d’hébergement labellisée SecNumCloud chez Outscale, filiale de Dassault Systèmes. Ce choix devrait répondre aux exigences de confidentialité et de protection des données des administrations centrales et des organismes publics. La solution intègre également des fonctionnalités avancées, comme la transcription automatique des réunions grâce à des technologies de la startup française Pyannote, et prévoit l’ajout du sous-titrage en temps réel à partir de 2026 grâce aux travaux du laboratoire Kyutai. Des apports technologiques qui visent à concilier sécurité, accessibilité et efficacité opérationnelle.

Une généralisation déjà engagée

Lancé en phase pilote il y a un an, « Visio » compte déjà 40 000 utilisateurs réguliers et est en cours de déploiement auprès de 200 000 agents. Le CNRS, l’Assurance Maladie, la DGFiP ou encore le ministère des Armées figurent parmi les premières administrations à basculer vers la solution dès le premier trimestre 2026, marquant une volonté assumée de réduire la dépendance à des outils extra-européens.