Accueil Cybersécurité Failles internes : 80 % des entreprises ne peuvent les détecter

Failles internes : 80 % des entreprises ne peuvent les détecter

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En matière de cyberattaques dues à des causes internes, il y a des employés malveillants et d’autres qui sont pris au piège malgré eux, les « utilisateurs malchanceux » comme les appellent IDC. Et d’après le cabinet d’étude, l’entreprise ne serait pas capable de les repérer, en raison des technologies de sécurité obsolètes qu’elle met en œuvre.

80 % entreprises ne peuvent détecter les activités des utilisateurs, ni en conséquence réagir en cas de violation, à en croire l’étude IDC, parrainée par Splunk « Détection et réaction aux violations accidentelles : l’impact des utilisateurs malchanceux ». Et cela parce qu’elles se concentrent principalement sur la protection du système. Près d’un tiers des répondants n’utilisent pas de méthodes basiques de détection de violation et moins d’un sur cinq ont mis en place un système d’analyse sécurité.

La plupart des entreprises sont davantage préoccupées par des menaces comme les attaques de virus (67%), les menaces persistantes avancées (APTs) (42%), le phishing (28%) et les lacunes de certains utilisateurs dans les pratiques de sécurité (27%). Seulement 12% des répondants ont signalé les menaces d’employés comme étant leur grande préoccupation. Et de toute façon, en matière de violations venant de l’intérieur, elles ne savent pas quoi rechercher, pour 40% d’entre elles…

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IDC – Le niveau réel de préoccupation face aux menaces à l’intérieur d’une organisation

« Notre recherche montre que le principal obstacle à la détection des comportements d’utilisateurs malheureux tient à la méconnaissance de ce comportement. En apparence, un utilisateur dont le compte a été piraté n’est en rien différent des autres : ses informations d’identification sont valides, et c’est plus ou moins la seule chose qui est vérifiée », analyse Duncan Brown, directeur de recherche en pratique européenne de sécurité chez IDC.
La plupart des entreprises ne disposent pas des technologies, des méthodes ou de la culture pour détecter les violations lorsqu’elles se produisent.

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IDC – La détection des menaces internes pose problème

La majorité des entreprises européennes utilisent encore une technologie principalement conçue pour protéger un périmètre de manière traditionnelle, basée sur la surveillance du réseau. Presque tous les répondants reconnaissent la nécessité d’utiliser des pare-feu (98 %) et des anti-virus (96 %), mais très peu voient la nécessité de les sécuriser avec des analyses de sécurité (15 %) ou des analyses de comportements d’utilisateurs et de détections des anomalies (12 %) afin de pouvoir détecter les violations après qu’elles aient eu lieu. En outre, moins de la moitié des répondants ont mis en place une équipe interne CERT dédiée à la réaction aux incidents (41%) ou un centre d’opérations de sécurité SOC (34%).

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IDC – Les outils de détection

La nécessaire adoption d’une approche analytique, selon IDC

« Les failles de sécurité sont inévitables, mais il est difficile pour des professionnels de la sécurité d’accepter d’investir des budgets considérables de façon préventive », commente Duncan Brown. « La majorité des entreprises ont dû faire face à une violation de données durant les deux dernières années, mais le temps moyen pour découvrir une faille demeure aux alentours de 8 mois. Il est évident que les entreprises ont besoin de détecter des brèches quand elles surviennent, et ne doivent pas avoir à attendre que les dégâts soient causés. L’important, est d’adopter une approche analytique pour détecter les menaces au plus tôt et y répondre efficacement, pour aider les entreprises à faire face aux menaces de toutes sortes : attaques externes, « utilisateurs malchanceux » et employés malveillants. »

Juliette Paoli