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Témoignage – « A la MAIF, tous les métiers sont télétravaillables à quelques exceptions », Béatrice Guéguiniat, pilote du projet OSER

Maif
Sièce social Copyright Mélanie CHAIGNEAU/MAIF

Pour répondre aux attentes de ses salariés, la MAIF a généralisé le télétravail l’été dernier, alors qu’elle l’expérimentait depuis cinq ans déjà.

« Le télétravail est expérimenté à la MAIF depuis 2015 et intégré dans notre accord OSER (ndlr : Organisation Souple, Epanouissante et Responsabilisante) qui a été co-construit avec 10 % de nos effectifs en 2016 et négocié en 2017, raconte Béatrice Guéguiniat, pilote du projet OSER. Un chapitre entier est consacré à sa mise en oeuvre ».

Béatrice Guéguiniat
Béatrice Guéguiniat Copyright/DR: MAIF

C’est suite à cet accord de 2017 que le télétravail a été déployé de manière plus large avec un quota de 20 % de salariés en télétravail. « Ce quota a été mis en place dans une logique de progressivité, d’apprentissage et de maturité des collectifs de travail, précise Béatrice Guéguiniat. Le déploiement ayant été progressif, il a été atteint fin 2019 ». Quels postes concerne-il chez l’assureur ?, alors qu’il compte près de 7 600 salariés au siège social et sur 250 sites environ. « Par défaut, tous les métiers sont télétravaillables à quelques exceptions près comme les salariés de la gestion et de la maintenance du stock informatique, du traitement du courrier, de la restauration ou encore des espaces verts, indique Béatrice Guéguiniat. Une expérimentation est en cours pour déterminer dans quelles conditions les métiers des délégations conseil dans les agences physiques sont télétravaillables ».

Trouver le juste équilibre

Béatrice Guéguiniat le souligne, avant même la crise, certaines directions souhaitaient dépasser ce quota de 20 % et la MAIF avait prévu de le remettre en question durant le premier trimestre 2020. « Le confinement est arrivé, ce qui a rendu cette réflexion encore plus importante puisque les salariés qui n’avaient pas encore testé le télétravail allaient avoir une appétence pour continuer à travailler à distance quelques jours par semaine », souligne-t-elle.

Dès la fin du confinement, l’assureur a donc lancé une négociation avec les partenaires sociaux sur un avenant à l’accord OSER, avec pour objectif d’équilibrer l’équation de son quadriptyque. « Boussole de pilotage de la MAIF, ce quadriptyque s’articule autour de la performance durable de l’entreprise, la satisfaction des sociétaires, l’épanouissement des collaborateurs et le bien commun », explique Béatrice Guéguiniat. C’est dans ce cadre que l’assureur a alors décidé avec les partenaires sociaux d’ouvrir le samedi matin, exclusivement en télétravail, certains de ses plateaux téléphoniques qui étaient fermés ce jour-là. Une réponse aux attentes de ses sociétaires et prospects.

Signé en juillet 2020, l’avenant à l’accord OSER ne remet pas en question les bases de l’accord de 2017 : la notion de volontariat, la réversibilité complète ou partielle à tout moment et la notion d’éligibilité du salarié dont le métier est télétravaillable. « Un salarié peut être non éligible pour des raisons d’autonomie, de conditions techniques de connexion à Internet, ou s’il n’a pas un espace adapté au télétravail, précise Béatrice Guéguiniat. C’est le plus souvent une question d’autonomie qui déclenche une inéligibilité, celle-ci pouvant d’ailleurs être temporaire en fonction de la prise d’autonomie du salarié ».

Le challenge de l’hybridation

Dans l’avenant, la MAIF a fait évoluer un certain nombre d’éléments. Elle a notamment supprimé l’obligation des deux années d’ancienneté, la bonne intégration à un collectif (une équipe de travail) étant estimé suffisante, et elle a autorisé le télétravail ponctuel dans un autre lieu que le domicile. « Fin novembre, nous avons atteint le nombre de 3 800 télétravailleurs, ce qui représente 66 % des salariés éligibles, note Béatrice Guéguiniat. Pour 70 % d’entre eux, les avenants sont de 8 à 12 jours de télétravail par mois, ce qui représente 2 ou 3 jours par semaine. Deux tiers des 30 % restant ont des avenants de 4 jours par mois ».

Comme dans l’accord de 2017, les salariés sont obligés d’être présents sur site 2 ou 3 jours par semaine. « Le défi n’est plus le déploiement du télétravail mais l’hybridation du travail quand on sera revenu à une situation normale », analyse Béatrice Guéguiniat. Avec des impacts sur les relations de travail, la façon pour une équipe de travailler avec les autres collectifs et les relations managériales.

Le télétravail en temps de crise

La MAIF a fait le choix de maintenir 100 % des salaires pendant le confinement, sans recourir au dispositif de chômage partiel. Les salariés qui pouvaient travailler à domicile ont été équipés pour cela et en moyenne sur les 2 confinements, presque 70 % ont travaillé à domicile 100 % du temps.

Entre les périodes de confinement, les retours sur sites ont été progressifs et partiels. La règle était d’un tiers du temps sur site et de deux tiers à domicile dans un souci de protéger la santé des salariés et de maintenir les collectifs.

Depuis la fin du deuxième confinement, la règle est le maintien du télétravail à 100 %. Depuis le 18 janvier dernier, les salariés qui en expriment le besoin sont autorisés à revenir travailler une journée par semaine sur site dans la limite de 20 % des capacités d’accueil, le souci étant de préserver leur santé et de limiter le sentiment d’isolement que certains d’entre eux peuvent ressentir sur la durée.

 

Quels équipements fournis ?

Les télétravailleurs ont accès à l’ensemble des outils informatiques habituels dont ils disposent sur site. La MAIF les dote d’un ordinateur portable, d’un grand écran, d’un casque et d’une station d’accueil. Il bénéficient aussi d’un softphone et d’un VPN. Pour les réunions, c’est Microsoft Teams qui est utilisé.
Les télétravailleurs reçoivent par ailleurs une indemnité forfaitaire de 2 euros nets par jour de télétravail pour la prise en charge de leur abonnement à Internet. Quant aux bonnes pratiques du télétravail, la société y réfléchit depuis 2015 et elle a élaboré un guide dà cet effet. « Nous avons également bien distingué le télétravail pendant la crise et le télétravail en situation normale », souligne Béatrice Guéguiniat.

 

Patricia Dreidemy

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