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Logistique – MGI et Thales transforment la chaîne logistique du smart port de Marseille

Essentielle à l’écosystème portuaire de Marseille-Fos, l’application Cargo Intelligence 5, conçue par Thalès, compte 1 200 utilisateurs professionnels, quatre mois après sa mise en service.

 

La traçabilité numérique des marchandises en transit rénove le premier port marchand de France, pour le faire entrer dans l’ère des Ports du futur. Ceci au travers de MGI, le bras armé technologique de la gestion du Port de Marseille-Fos, une PME de 42 personnes qui transforment depuis 1985 les ports français.

Alain Perez, MGI

Son directoire à conseil de surveillance représente l’écosystème du Port : les clients-donneurs d’ordre, dont le STM, syndicat des transitaires locaux, celui des armateurs, celui des agents maritimes et celui des opérateurs de terminaux.
« Avec son initiative smart port, le GPMM (Grand Port Maritime de Marseille) insuffle une dynamique dans la transformation numérique des métiers. De nouveaux datacenters s’ouvrent à l’initiative d’Interxion (MSR3). Des startups naissent ici qui améliorent la digitalisation des flux liés aux processus du transport. À travers notre Cargo Community System CI5 (Cargo Intelligence 5), réalisée avec le concours de Thales, nous participons à cette transformation de la communauté du Port de Marseille-Fos », confirme Alain Perez, le DSIO et membre du Directoire de Marseille Gyptis International (MGI).

« Avec le concours de Thales,
nous participons à cette transformation
de la communauté du port de Marseille-Fos. »

Alain Perez, MGI

Aide à la décision et anticipation

La proximité avec les utilisateurs est cultivée par des ateliers fréquents visant à optimiser le suivi des marchandises via des traitements fédérés, et non plus en silos.

« Les traitements de CI5 sont développés et supervisés par Thales qui apporte son savoir-faire en méthodologie agile, en sécurité et en conformité, MGI assurant les tests fonctionnels, le co-pilotage du projet et la formation des utilisateurs », précise Grégory Mondon, directeur commercial sud-est chez Thales.

Pour améliorer la productivité de l’écosystème portuaire, les procédures dématérialisées, web services et frontaux mobiles sont combinés. Depuis sa mise en production en octobre 2018, l’application CI5 remplace le programme AP+ conçu de façon monolithique en 2005. Elle apporte aux clients transitaires, armateurs, industriels ou distributeurs, une visibilité complète des flux de marchandises passant par le port de Marseille-Fos.

CI5 compte déjà 1 200 utilisateurs formés en 8 semaines seulement.

« La conduite du changement est essentielle pour nous. Nous compterons plus de 2 000 utilisateurs dans CI5 en fin d’année, la bascule vers CI5 étant prévue à Dunkerque, Bordeaux, Fort de France, Dégrad des Cannes, Sète, Longoni et les Ports bretons. Le système apporte une précieuse aide à la décision. Chaque utilisateur pilote son activité, devient proactif, capable de maîtriser sa chaîne logistique, là où il intervenait surtout de façon réactive, en cas de dysfonctionnement », compare le DSIO.

Mode agile SCRUM et micro-services

A présent, un tableau de bord personnalisé affiche les indicateurs nécessaires à chaque métier tandis qu’une liste de priorités invite chacun à fluidifier les trafics. Un transitaire peut suivre l’ensemble des navires en approche ou en escale, tandis qu’un agent maritime visualise les opérations de déchargement en temps réel.

« Les souhaits des utilisateurs sont pris en compte très tôt par la méthodologie agile. Cela facilite l’appropriation naturelle de CI5. Une nouvelle version fonctionnelle est délivrée toutes les deux à trois semaines. Les utilisateurs pilotes partagent leurs remarques, prises en compte dans les prochaines versions », raconte le DSIO.

Le partenaire Thales guide les développements collaboratifs autour d’une méthode agile SCRUM. Les web services sont programmés en langage Java, testés tout au long d’une chaîne de construction et de déploiement continus, parsemée d’outils open source, dont Gitlab et Hybernate.
Les modules de CI5 sont conçus pour être déployés dans le Cloud, conditionnés sous forme de conteneurs Docker et orchestrés via Kubernetes.

Une des particularités réside dans la nécessité de cloisonner les chaînes logistiques et d’assurer la confidentialité des informations entre opérateurs privés ou publics, telles que les autorités portuaires, ces dernières disposant d’un rôle régalien, en particulier pour le suivi des matières dangereuses.

Sécurité et traçabilité de bout en bout

« Nous implémentons les processus logistiques d’entreprises privées et publiques autour d’une application de workflow horizontale. Les autorités du GPMM, les douanes, les services sanitaires sont des points de passage obligés de l’import-export de marchandises. Toutes les phases d’acheminement sont prises en compte, de la livraison d’un conteneur transitant sur une barge de Lyon vers le port fluvial de Fos-sur-mer, jusqu’à son chargement sur un navire mettant le cap vers les USA », illustre le DSIO.

Les utilisateurs de CI5 disposent d’une traçabilité de bout en bout. En saisissant le numéro du conteneur à suivre, ils obtiennent son statut en temps réel.

Une nouvelle version mobile apporte de nouveaux usages pratiques. « Les transporteurs routiers souhaitaient une estimation du temps nécessaire pour entrer, déposer leur conteneur puis sortir du terminal, à tout moment. C’est déjà le service phare de l’application mobile, en phase de tests », confirme Alain Perez.

Prochainement, une chaîne de blocs complètera le système pour y apporter « une sécurité et une traçabilité infalsifiable, sans remise en cause possible. Nous participons au projet collaboratif MERS, soutenu par l’Etat Français ».

 


CI5 introduit l’accélération des processus

L’application multi-environnements Cargo Intelligence 5 (CI5) rend le port de Marseille-Fos plus compétitif. « Nous avons introduit la notion de Fast Lane qui consiste à accélérer les processus, pas simplement à les fluidifier. Cela nous permet d’être plus efficaces dans l’obtention des statuts clés pour libérer les marchandises, dès leur déchargement », explique Alain Perez, le DSIO de MGI. En soutien, l’infrastructure Cloud doit demeurer robuste et capable d’évoluer de façon dynamique : « Nous avons retenu le Cloud AWS pour sa haute disponibilité et son catalogue de services. Nous voulions déployer une architecture as a service, avec la plupart des briques disponibles à la demande. Accompagnés par Thales sur la chaîne de développement et de déploiement continus, nous avons éprouvé le gestionnaire de données Aurora d’AWS qui s’est montré très stable quelles que soient les sollicitations du front office. Nous avons validé aussi l’efficacité des services JMS (Java Message Service) avec Amazon SQS (Simple Queue Service) lors de tests de charge. La montée en charge de l’application a donné satisfaction. »

 


Un référentiel de bonnes pratiques

« CI5 fournit un référentiel de données et de bonnes pratiques. Les processus y sont implémentés comme dans un guide qualité à suivre pour bien gérer le passage des marchandises. Chaque étape prévoit un cadre d’utilisation, avec les opérations attendues par les autorités et par les opérateurs. Une composante importante du cahier des charges concerne l’intégration aux solutions des clients (industriels, transporteurs, autorités portuaires…) », pointe Alain Perez le DSIO de MGI.

Il s’agit d’intégrer des données en masse comme le manifeste de chaque navire qui recueille l’inventaire de tous ses conteneurs. Des échanges EDI sécurisés et l’orientation web services simplifient cette problématique, tout en permettant la portabilité des services sur smartphones et tablettes. « Pour créer une application mobile, il nous suffit de modifier les traitements en front office tout en conservant ceux en back office. A terme, une consommation directe de web services sera proposée aux clients, de sorte qu’ils verront les données de l’application CI5 dans leur propre système, sans percevoir l’interconnexion applicative. »

Les deux écrans côte à côte montrent l’évolution d’ergonomie entre AP+ (2005) et ci-dessous CI5 (2018).
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