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L’ERP post-crise pour rebondir !

La crise sanitaire n’empêche pas les entreprises de faire évoluer leur ERP. Ce logiciel de gestion s’avère même parfois indispensable pour rebondir et préparer l’avenir. Démonstration par l’exemple et avec des spécialistes.

 

> Sophie Pietremont

Sophie Pietremont, directrice de l’entité Business Applications de Microsoft France, le constate : passée la période du confinement, « les entreprises essaient de comprendre comment rattraper le retard, être plus agiles et encore plus productives – la gestion de l’entreprise devenant ultra-importante. » Les entreprises sont en train « de repenser leur modèle » et veulent se réorienter vers « des ERP de nouvelle génération, comme la plateforme Dynamics. » Les demandes des clients se sont accélérées depuis juin, détaille Sophie Pietremont, avec des réflexions sur l’inadaptation de leur ERP aux nouveaux usages. Il s’agit de permettre aux différents départements (RH, Opérations, Production, Finance…) de communiquer, d’obtenir des informations en temps réel.de manière centralisée. Les demandes sont également très importantes pour le Cloud – « ce qui n’était pas forcément le cas l’année dernière ». Parfait pour l’éditeur, dont la stratégie est « tout Cloud », « 30 % des clients Dynamics on-premise veulent passer vers le Cloud depuis le début de l’année », chiffre la dirigeante des Business Apps.

Disponible le 1er octobre, Dynamics 365 Project Operations permet de transférer toute la gestion d’une entreprise en gestion de projet d’envergure. Dynamics 365 Project Operations s’appuie sur la solution existante Microsoft Project.

Faire parler la donnée et intégrer l’IA

Sophie Pietremont met en avant la capacité de Microsoft à faire parler la donnée et à ajouter de l’intelligence artificielle au sein de l’ERP Dynamics 365. Et de citer en exemples la visibilité sur les mauvais payeurs ou encore la fin des erreurs de facturation, l’IA se basant sur des historiques. Les collaborateurs se concentrent ainsi davantage sur « l’action plutôt que l’analyse », faisant gagner l’entreprise en productivité. Autre aspect important, souligne la responsable, l’automatisation des processus métiers avec Power Platform, mais aussi le RPA (Robotic Process Automation) qui « désilote l’ERP ». Le RPA, en place depuis plusieurs mois, permet l’intégration avec « le SI de l’entreprise, de faire des ponts avec les autres solutions de l’entreprise ». On pourra, par exemple, scanner un produit en magasin ou une facture, et grâce au RPA, les données seront envoyées dans l’ERP et complètement intégrées dans l’approvisionnement ou la comptabilité.

Standardiser les processus, sans rigidité

Karine Picard

Karine Picard, country manager France d’Oracle, rappelle les principaux objectifs d’un ERP : « Faire des économies substantielles, être plus productif et améliorer les contrôles ». La crise du Covid a été, justement, une évaluation en temps réel de la situation. Elle « crée des failles », indique la dirigeante, expliquant l’impossibilité de certaines entreprises à faire une clôture à distance ou à obtenir une vue complète de leur business alors que leur ERP n’est pas déployé dans l’ensemble des filiales… Alors, un ERP, et Cloud, pour rebondir ? Oui, pour diminuer les coûts en termes d’infrastructure, de maintenance, d’upgrades. Oui, pour simplifier et homogénéiser les processus et permettre de déployer l’ERP dans l’ensemble des filiales.

En cette période post-Covid, « faire des économies substantielles est essentiel », plaide-t-elle. De même, cela l’est en termes de « productivité, de changement de business model, de lancement de nouveaux produits ». Tout comme l’amélioration des contrôles, de la compliance, par l’automatisation et la fiabilité des systèmes. Ces questions sont sur la table, mais si les entreprises repensent leur ERP, elles le font en même temps que leur système de gestion de la performance (EPM), car, remarque la dirigeante, les besoins ont été importants en termes de gestion des liquidités, des mouvements de trésorerie, de compréhension de la structure des coûts. Mais l’adoption d’un ERP Cloud n’est pas anodine. Oracle a des méthodes d’implémentation des outils ERP montrant tout au long d’un projet comment un processus change (achat, note de frais, rapprochement, etc.). Et pour migrer, l’entreprise doit savoir qu’il faudra qu’elle harmonise ses processus et son core model…

ERP vertical versus solution standard

Jacques Ollivier

Alors que certains éditeurs proposent un outil « standardisé », DL Software a un propos différent : « Chaque métier mérite son ERP », déclare Jacques Ollivier, son DG. L’éditeur français, fondé en 2003, touche plus particulièrement les secteurs de l’assurance, de la santé, du négoce, du tourisme et du retail, par exemple Intersport dont DL Software équipe tous ses magasins (en système central, Intersport est équipé de SAP).

L’ERP sert aujourd’hui un écosystème au-delà des ressources internes

Pour chacun, l’ERP « a une base, un framework et un concept commun, mais la déclinaison est très spécifique à chacun des métiers ». DL Software réalise 70 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 2/3 en mode récurrent (SaaS) avec quelque 550 collaborateurs sur toute la France. Interrogé sur son approche verticale versus une approche générique, le dirigeant répond : « Le client a-t-il la volumétrie, du temps et de l’argent à configurer un ERP générique ou veut-t-il se concentrer sur son métier, avoir une solution clé-en-main vendue par des personnes qui connaissent leur business ? » « Dans une ville, même de quelques milliers d’habitants, il existe toutes les chances que vous trouviez un point de vente, un magasin équipé d’une de nos solutions. » Il faut dire que DL software équipe les magasins Atoll, par exemple, les magasins Intersport ou Sport 2000, ainsi que des points tabac, soit entre 20 000 et 25 000 points de vente en France. L’éditeur est, de fait, très ancré sur le territoire. « L’ERP d’antan adressait des ressources internes, l’ERP sert aujourd’hui un écosystème. Pendant le confinement, et le télétravail, les ERP ouverts ont été d’un grand secours pour maintenir les opérations, conduire les activités commerciales. »

Divalto infinity, l’ERP pour l’industrie 4.0
La solution, clairement orientée industrie du futur, est aujourd’hui l’un des outils les plus ouverts et riches en termes de fonctionnalités notamment pour le secteur du décolletage.

L’ERP, élément clé du système d’information

La crise a pu « accélérer certains projets qui étaient en gestation », résume William Echene, directeur conseil en Management et Transformation chez Umanis. Certains changements d’attitude ont pu avoir lieu, donnant lieu à un recentrage sur le SI, à son extension, avec l’ERP ou pas, à son pilotage pour obtenir davantage de performance et réduire les coûts. Des projets d’antan trop complexes, longs et coûteux, on a essayé dans un premier temps de poser un même modèle, un même core business partout, créant des rigidités, puis l’entreprise est passée à des outils dédiés, spécifiques avant de revenir à l’ERP comme élément clé du SI auquel on ajoute des solutions best of breed. La voix de la sagesse sans doute, qui fait appel d’ailleurs à un couple IT/métiers plus mature.