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Le montage automatique : un miroir aux alouettes

21/06/2016 | commentaires 0 commentaire |
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Par Alexander Casassovici, CEO d’actvt

Prendre une vidéo de bonne qualité n’a jamais été aussi facile. Avec plus de deux milliards de smartphones sur le marché, tout le monde a aujourd’hui la capacité technique de prendre des vidéos. Les smartphones haut de gamme supportent même la stabilisation optique “OIS” évitant ainsi les tremblements et permettant de capturer des séquences extrêmement fluides.

Néanmoins, force est de constater que si les plateformes de partage de vidéos personnelles sont légion – Youtube, Dailymotion, Facebook par exemple – les vidéos que l’on y retrouve sont bien plus souvent créées par des médias que par des utilisateurs privés.

La vidéo sur Internet connait un succès reconnu par tous les médias en ligne qui en ont fait leur médium privilégié générant ainsi un engagement et une captation de l’attention accrue.

Les mobinautes font des vidéos, mais ne les partagent pas

L’étude lancée en 2015 par GigaOM nous apprend qu’un smartphone moyen contient 24 vidéos capturées par son propriétaire. Cependant, on constate que ces vidéos sont rarement partagées. Souvent trop longues, elles sont en effet un matériel brut qui, aussi bon soit-il, nécessite un peu de travail pour être attractif et partageable dans de bonnes conditions.

Et c’est là où le bât blesse puisque les solutions actuelles ne permettent pas au mobinaute de traiter et publier ses vidéos simplement.

La première catégorie de solutions, les outils de montage manuels, est parfaite pour les utilisateurs experts et formés à l’art du montage vidéo. Ces applications sont par exemple iMovie, Splice, ou Adobe Premiere Clip.
Mis dans les mains d’un utilisateur non formé aux techniques cinématographiques, le résultat sera néanmoins décevant malgré les quelques heures de travail qu’il faut pour créer un montage.
En effet, nous avons constaté que l’utilisateur suivait toujours le même schéma :

Sélection d’une musique populaire d’environ trois minutes (dont il n’a pas les droits) ;

Calage de ses vidéos sur la musique ;

Ajout d’effets spéciaux (transitions animées, titres…).

Le résultat est de manière consistante trop long (trois minutes de vidéos requièrent environ trois heures de rush vidéo en entrée) et donc ennuyeux à regarder et à partager… Malgré les heures de travail solitaire mises en œuvre.

La seconde catégorie d’application englobe les outils de montage automatisé, parmi lesquels on compte par exemple Magisto, Google Photos ou encore Replay. Ces applications ingèrent une sélection de médias et proposent à l’utilisateur automatiquement un montage autour de ces derniers. Si la promesse est belle, la réalité est tout autre.

L’objectif premier du montage vidéo est de raconter une histoire. Or, ces applications ôtent tout contrôle sur le processus narratif. Malheureusement, aucun système aussi intelligent soit-il n’est capable de raconter une histoire à la place de l’utilisateur juste en regardant ces médias. Ces applications se contentent donc en fait d’identifier les segments de vidéos où il y a du mouvement et de les coller dans des templates tout faits ajoutant des animations sur l’image afin de tenter de compenser l’absence de narration. Les résultats ainsi obtenus sont presque toujours décevants et demandent un travail manuel lourd pour corriger les maladresses du logiciel.

L’histoire au centre du processus créatif

L’élément le plus important intervenant dans la création d’une vidéo est de préciser l’histoire qu’on veut raconter.
Cette dernière peut se schématiser par les étapes suivantes :

-Introduction
-Développement
-Action
-Dénouement

Toutes les « bonnes » vidéos suivent ce schéma dans un format court où on essaye de faire monter la tension narrative jusqu’au dénouement.

Une fois l’histoire story-bordée, il devient facile de choisir une musique, couper les segments et les monter sur le beat. Il est possible d’utiliser des transitions plus complexes qu’un simple « cut » pour accentuer certaines spécificités de l’histoire telles qu’un changement de lieu, un passage plus lent, mais il est important de s’appuyer en priorité sur l’image brute et d’éviter l’abus d’effets au-dessus du média.

Idéalement, on pourra corriger la colorimétrie de l’image « grading » afin d’accentuer l’ambiance en phase avec l’histoire.

La musique joue un rôle essentiel et doit être adaptée à l’histoire en étant en phase avec les nœuds narratifs et rebondissements. Prendre une musique simplement parce qu’elle plait est une erreur.

Cette approche, plus en phase avec la réalité du montage vidéo, ouvre la voie à une nouvelle catégorie d’applications : les éditeurs de vidéo assistée. Dans cette catégorie, l’accent est mis sur la narration. En quelques secondes l’utilisateur extrait les images principales de ses vidéos et les organise comme une BD. L’application part alors de cette histoire pour réaliser le montage en quelques secondes. Pas de fioritures et d’effets spéciaux, mais un montage court et rythmé qui colle à l’expérience telle que l’utilisateur l’a vécue et qui est facile à partager et à regarder.

Le montage automatique : un miroir aux alouettes
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