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Fabrice Benaut, Directeur des SI et des Opérations d'IFR Monitoring «Nous baignons dans le Big Data»

Fabrice Benaut, DOSI d’IFR Monitoring (Groupe GfK) au niveau mondial, baigne dans le Big Data depuis cinq ans. Le groupe compte 12 000 personnes pour 1,37 milliard de CA en 2011. 

 

> Solutions iT & Logiciels : Au cours de votre longue carrière chez GfK, quels projets importants avez-vous contribué à porter ?

• Fabrice Benaut : En France, je pense à la mise en place du datacenter au siège de Rueil-Malmaison (qui vient de déménager à Suresnes), connecté et redondant, et quelques SI intelligents pour gérer la création de valeur. Au niveau mondial, à la mise en oeuvre du SI et base de données StarTrack. Aujourd’hui, GfK, présent dans plus de cent pays, repose sur une gestion des données maîtres et un SI centralisé.

 

>La filiale française a-t-elle joué un rôle important dans le développement du groupe GfK ?

• F.B. : La France a initié de nombreux développements ; par exemple, le suivi des produits de loisirs interactifs en 1997, puis à partir de 2002, des produits livre/vidéo et streaming, ou encore le suivi de l’internet mobile en 2009 (NIS). Je suis très orienté usages client.

 

>Le groupe GfK gérant de très nombreuses données, quelle est votre approche du Big Data ?

• F.B. : Le groupe GfK repose sur l’information complexe. Quand comme GfK on stocke un grand volume de données, on doit savoir ce qu’on collecte, comment on l’organise, ce qu’on doit garder ; notre objectif est de donner du contenu pertinent et riche aux analystes marketing, ce qui implique d’avoir à la fois une vision large et de descendre dans le niveau de granularité des données. Il faut constamment mettre de l’intelligence et chercher de l’information toujours plus complexe, telle la mesure des chiffres de l’Internet mobile. Ainsi en 2000, j’ai développé avec Informatica, spécialiste de l’intégration de données, un système de gestion qualitative des données qui automatise leur traitement, aujourd’hui déployé au niveau international. En 2007, nous avons fait évoluer notre système en achetant des solutions permettant d’intégrer, de qualifier et de codifier à la volée les données complexes et non structurées. Nous baignons dans le Big Data depuis cinq ans et continuons à le faire évoluer ; il prend une nouvelle dimension avec les données relatives aux réseaux sociaux.

 

>Et celle du “Bring Your Own Device” ?

• F.B. : Le “BYOD” conduit à repenser les points d’entrée dans le SI et des considérations de sécurité et de contrôle nécessitant de s’entourer de juristes. Pour le moment nous n’ouvrons notre système au BYOD que sur de petits périmètres, via quelques applications web.

 

>Quels sont vos challenges en tant que DOSI d’IFR Monitoring ?

• F.B. : IFR Monitoring est présent à travers 16 sociétés dans 60 pays. Il faut d’une part réindustrialiser la ligne de produits d’IFR, et de l’autre, harmoniser, rationaliser, rendre plus efficace et flexible le SI, et le connecter à celui du groupe GfK. Il faut à la fois investir et tailler dans les coûts.

 

>Comment effectuez-vous la veille technologique ?

• F.B. : Je croise les visions d’un même sujet, et par exemple lis les articles sur les produits techniques dans la presse féminine. Il faut se faire surprendre pour créer l’émergence.

 

>Quelle est votre conception du management d’équipe, en tant que Directeur des SI et des opérations ?

• F.B. : Quand je crée une équipe, je monte une mayonnaise. Il faut mélanger les profils et ne pas débaucher uniquement des personnes issues du même moule chez les concurrents. Mon credo est de remettre l’homme au coeur de l’entreprise et de donner du coeur aux hommes… et aux femmes, dont j’aimerais qu’elles soient plus nombreuses (deux sur quinze personnes dans mon équipe). Plus largement, la formation initiale en France ne fournit pas assez de ressources qualifiées, ce qui crée un déséquilibre structurel et des difficultés de recrutement.

 

>Quel est votre regard sur les nouvelles technologies en France, avec du recul ?

• F.B. : La France est un des pays les plus attractifs à ce niveau, arrêtons de nous autoflageller. Ainsi le e-commerce reprend, on l’oublie, le modèle économique fermé (rétribution d’applications) et la gestion de bases de données complexes du Minitel, invention française. 

 

L’autodidacte qui monte

Fabrice Benaut, 50 ans, est l’exception qui confirme la règle. Son bac en poche, il entre en 1983 chez GfK France, spécialiste dans les audits de vente sur les biens techniques, comme enquêteur pour auditer les magasins alors que l’entreprise était une PME. Il travaille toujours près de 30 ans après au même groupe d’études de marché et de recherche. Ce touche-à-tout aime le jazz au point d’être trésorier d’une association francilienne à gros budget qui monte des concerts dans les années 80, avant de se faire payer ses études supérieures par son entreprise (masters en technologies de l’information à l’université Paris-Panthéon Sorbonne et en marketing en école de commerce, aujourd’hui dénommée Novancia). Il se définit comme “entrepreneur”. Il contribue à créer la filiale française du groupe allemand, ainsi qu’à élargir les catégories de produits étudiés. Il change de poste régulièrement, et occupe notamment les fonctions de : responsable codification des fiches produits, directeur de production, puis DOSI de la division Retail and Technology (panels détaillants) dans les années 1990, où il dirige aussi la R&D (projets métiers). Suite à l’acquisition d’IFR Monitoring par GfK, il devient DOSI de cette filiale au niveau mondial en janvier 2011.